T 16 / BROUILLARD - Brouillard

 

Atmospheric Black Metal

TRANSCENDANCE
 

Regular edition  (450 copies)

CD Digifile 3 panels + 12 pages booklet

Corps Vidé edition (Limited to 44 copies)

CD Digifile 3 panels + 12 pages booklet

+  Bonus CD of exclusive 23min track in a handcrafted screen-printed sleeve + insert

+ dead rook pieces, etc...

+ in a black box with droppings


RELEASE DATE : June 2nd 2019

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 1 Brouillard

2 Brouillard​

3 Brouillard

4 Brouillard

Total play :  53 min

Reviews

Absolutelly. Killer.
Awesome. Dominating. BLACK METAL.
Chapeau bas!

Rating: 9/10

 

Si vous suivez la section de chroniques de KVLT, alors vous avez déjà écouté le titre ci-dessus.

Je vous informe immédiatement qu'il n'y a pas d'erreur. Un artiste français du nom de Brouillard a appelé ainsi tout son travail, des CD aux œuvres individuelles.

Pas d'additifs, pas de chiffres, pas de références.

Le disque qui se trouve dans mon lecteur est la quatrième œuvre sous cette bannière et la prochaine étape dans le black metal extrêmement atmosphérique, baigné de soleil...

 

Au moment où j'écris ces mots, la chaleur tropicale domine la Pologne, ce contre quoi il est difficile de lutter. Un moyen pourrait être cet album, qui est comme un froid émergeant des profondeurs de la forêt, pour se transformer progressivement en un hiver nucléaire.

 

Les riffs calmes, paresseux, tremblants qui ouvrent l’album vous transpercent la moelle des os, et le reste de la chanson est en fait la quintessence du style Brouillard - tristesse et mélancolie, gel et nuit.

Parfois, une mélodie résiduelle apparaît, avec un caractère clairement français qui permettra de situer le travail en place et en temps, mais il faut admettre que ce n’est là que l’une des directions, car l'album est définitivement cosmopolite.

 

La densité des riffs, sur ce fond de percussion incroyablement rapide, dans le deuxième titre, croît de manière pratiquement exponentielle, et quand la voix arrive, avec tous les poils hérissés dans le dos, nous avons déjà franchi le point de non-retour.

Il y a là le froid scandinave, la transcendance française, la tristesse britannique, l’engouement américain et des patchs ambiants qui équilibrent le tout, mais la chanson n'est pas une simple somme d'inspirations. C’est un être à part, une espèce d'ancêtre qui tend les bras pour embrasser à nouveau tous ses bâtards.

Dans la partie du milieu de ce colosse de plusieurs minutes, se déploie une tristesse sans bornes, au moyen d'un riff à la Celtic Frost, adorant la cold wave britannique. Je ne sais pas comment Brouillard a fait ça, mais l'effet global dépasse toutes les attentes.

 

Sur un ton similaire frappe la troisième piste, caractérisée par un doom metal maléfique, la pure mélancolie britannique. Sans le rythme, ça serait Joy Division ou Bauhaus transposés sur une base noire, et les émotions qui accompagnent la musique sont dépourvues du moindre élément d'optimisme.

 

La quatrième piste terrasse l’auditeur au sol, et malgré sa complexité, se rapproche des hypothèses du programme de travail de l'artiste. Appeler cela une réponse féminine au classique Burzum serait une insulte mais je peux comprendre cette perception. Chez Brouillard la clarté est plus inhabituelle, mais il y a aussi davantage de tempête sonore. Cette femme est capable de donner tellement d’obscénités et nous allons lécher involontairement l’assiette et demander timidement du rab.

 

Dommage que cet enregistrement ne change rien. Ni celui-là ni aucun des précédents. Ils ne deviendront pas un exemple, un déterminant, un point de référence, ils ne seront même pas perçus comme intéressants, non conventionnels et digne d'apprendre à connaître le travail d'un genre de black metal atmosphérique.

Seule une poignée de personnes dans le monde en entendra parler, et Brouillard ne quittera jamais le monde souterrain le plus profond, parce qu'il ne veut pas. Peut-être que c'est une attitude qui est incompréhensible dans les perspectives actuelles mais elle est digne du plus grand respect.

Rafal / Kvlt magazine